Formation - 22 octobre 2018

fr - Peut-on limiter à 1,5°C l’augmentation de la température moyenne d’ici la fin du siècle ?

Le rapport spécial du GIEC (groupe international d’experts sur le climat) sur les conditions de mise en application de l’accord de Paris sur le climat parait le 8 octobre 2018 : peut-on limiter à 1,5°C l’augmentation de la température moyenne d’ici la fin du siècle ?

Voici le dossier de presse de la FNH : http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/presse/dp_giec_fnh_05102018.pdf

Rien n’empêche de prendre des mesures adéquates pour lutter contre le changement climatique, hormis des politiques défaillantes. La communauté du climat devrait utiliser ce rapport pour faire pression sur les gouvernements du monde entier.

Messages clés sur le contenu du rapport
1) Ce rapport du GIEC montre qu’il existe encore des chances de limiter le réchauffement à moins de deux degrés et d’en éviter les pires conséquences, à condition de réduire radicalement nos émissions (sortir des énergies fossiles, développer les énergies renouvelables, réorienter les choix d’investissement, etc.), dès maintenant. Mais il montre également le peu de temps qui nous reste avant de devenir prisonnier d’un emballement du changement climatique. Les choix que nous ferons ces cinq prochaines années détermineront notre avenir.
Nous disposons des outils nécessaires pour relever le sévère défi décrit par les conclusions du GIEC. Le véritable obstacle réside dans le manque de volonté politique.
2) Le monde est sur une trajectoire très périlleuse qui nous amène vers un avenir effrayant et chaotique. Le rapport souligne que nous avons besoin, pour l’éviter, d’une action rapide, pas dans dix, vingt ou cinquante ans, mais maintenant.
Poursuivre sur la trajectoire actuelle mettra en danger davantage de personnes, de biens, et nos économies tout entières.

Les messages de plaidoyer :
● L’objectif de 1,5°C défini par l’accord de Paris est inatteignable si des décisions individuelles et collectives ne sont pas prises aujourd’hui pour transformer très profondément nos modèles de production et de consommation. La sobriété est nécessaire : sobriété en énergie, en consommation, sortie du tout-jetable, sortie des moyens de transport les plus polluants, réduction de la place de la voiture - même électrique, régime alimentaire mondial moins carné, réduction du stockage des données numériques, etc. Les trajectoires actuelles sont contradictoires avec cet objectif et les efforts annoncés sont insuffisantes.
● Nous devons renforcer la mise en œuvre de solutions éprouvées, et nous devons le faire maintenant. Nous pouvons considérablement améliorer l’efficacité énergétique, et renforcer immédiatement les mesures de protection de nos forêts et de nos écosystèmes. Ce sont des actions « sans regrets » qui amélioreront nos vies, et qui sont déjà nécessaires si nous voulons protéger la nature.
● Des changements majeurs sont indispensables au cours des cinq prochaines années. Chaque année passée à temporiser aggrave et renchérit les conséquences du changement climatique, et limitent nos options quant à la façon de les gérer.
● Réduire les émissions signifie protéger les personnes, l’environnement et les économies. Il est plus facile et moins coûteux de maintenir le pétrole, le gaz et le charbon dans le sol, que d’éliminer ultérieurement leurs émissions.
● S’en remettre à des technologies non éprouvées pour la seconde moitié du siècle sans d’abord faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire les émissions est un pari dangereux, qui creusera le fossé entre riches et pauvres et coûtera des vies humaines. Plus nous serons contraints de compter sur ces technologies, plus le risque sera élevé pour nous tous.
● Il est trop coûteux de penser retarder l’action, car les effets dévastateurs du changement climatique finiront par saper l’économie mondiale. Les entreprises et les gouvernements peuvent planifier un effort radical de réduction des émissions de carbone, mais il n’y a aucun moyen de prévoir les coûts de l’emballement du changement climatique.
● Nous devons passer d’un changement incrémental à un changement transformationnel. Les bénéfices potentiels sont significatifs.
● Les gouvernements du monde entier ont commandé ce rapport à Paris, et doivent maintenant utiliser ses conclusions pour renforcer dès cette année leurs engagements en faveur du climat. Les engagements actuels nous inscrivent sur une trajectoire d’environ 3 degrés de réchauffement.
Observations clés du rapport :
● Les conséquences dévastatrices du changement climatique sont déjà concrètes. De plus en plus de phénomènes météorologiques extrêmes se produisent. Des gens meurent, des cultures sont menacées, les écosystèmes marins et terrestres se dégradent. Le changement climatique affecte tout le monde - aucun pays n’en sort indemne. Plus nous laisserons le climat se détériorer, pire seront ses conséquences.
● Le monde change rapidement, les scientifiques du climat vont aussi vite que possible pour suivre le rythme. Notre compréhension des causes du changement climatique et de ses solutions a progressé rapidement, grâce à un incroyable effort mondial ces deux dernières années. Ces efforts ont permis au GIEC, pour la première fois, de dépeindre la façon dont nous pourrions transformer l’économie mondiale pour opérer les profonds changements nécessaires permettant de mettre un terme au problème du changement climatique.
● Nous savons ce qui marche, nous devons intensifier la mise en œuvre de ces solutions éprouvées, pas dans 10 ou 20 ans, mais maintenant. Nous devons réduire drastiquement le gaspillage d’énergie et les émissions, et intensifier immédiatement les mesures de protection de nos forêts et de nos écosystèmes. Ce sont des actions « sans regrets » qui amélioreront nos vies à tous.
● Le GIEC indique qu’il est possible de dépasser l’objectif de 1,5°C et de réduire la température de la planète dans la seconde moitié de ce siècle en continuant à baisser les émissions et en éliminant la pollution au carbone de l’atmosphère. Mais cette approche, qui n’a pas été testée, ne devrait pas être notre premier choix. Dépasser 1,5°C de réchauffement, même temporairement, implique des risques sévères et imprévisibles. Cela pourrait amener des conséquences irréversibles, telles que l’extinction d’espèces ou des dommages sur la santé des humains. Dépasser 1,5°C avant de réduire la température doit être considéré au mieux comme une procédure de secours - la seule raison pour laquelle cette hypothèse est prise en compte dans le rapport provient de l’incapacité persistante des gouvernements à agir contre le changement climatique.