Information - 6 novembre 2018

fr - Monsieur Le Président


Monsieur Le Président , Bonjour,


Est-il possible d’assister passivement au génocide méthodique qui se déroule dans le Nord-Kivu de la République Démocratique du Congo ? Et spécialement dans la ville de Beni et ses alentours ? Trop c’est trop !!! Personne n’ignore les responsables de ce carnage du 21ème siècle au cœur de l’Afrique. J’ai été récemment dans cette région de Beni. C’est un calvaire sur terre. Un deuxième « Alep » en RD Congo. Ne fût-ce que manger tous les deux relève d’un exploit. Le jour comme la nuit, c’est la peur au ventre d’être égorgé à tout moment. De grâce, une urgence d’intervenir s’impose pour secourir la population de Beni même si l’impossible vient d’arriver. Quel que soit l’endroit où on se trouve sur terre, toute vie a de la valeur. Je voudrais juste vous dire en quelques mots ce qui s’y vit, même si vous devez en être au courant vu l’omniprésence de la Monusco (ONU) et d’autres organismes internationaux non-gouvernementaux :


1. Depuis le 20 septembre 2018, les massacres s’intensifient avec une cruauté inouïe. Ils se déroulent maintenant dans les grandes agglomérations en pleine ville, notamment Beni et Oicha. Et cela au vu et au su de l’armée congolaise et de la Monusco, toutes deux accusées par la population d’être commanditaires de ces massacres pour mener le projet de balkanisation et d’invasion de la RDC Congo. Peu importe ce génocide. Les manifestations contre cette insécurité sont toujours réprimées dans le sang alors que les égorgeurs ne sont jamais inquiétés. En revanche des généraux accusés de crime sont promus....


2. Le périmètre de vie est de plus en plus réduit : dans une zone où les gens vivent des champs, ils ne peuvent plus aller au-delà de 200 mètres de la ville et donc n’ont plus
accès à leurs champs et terres envahies aujourd’hui par des populations étrangères. Ce qui est grave, ces populations sont en train de trouver refuge dans la partie ouest de la ville qui semble être la plus sécurisée mais qui aujourd’hui constitue l’épicentre de l’Ebola. Vu le mouvement de migration, cette épidémie va s’étendre sur toute la région du Nord-Kivu et par la suite si on n’y prend garde au-delà de frontières de la RD Congo. Cela constitue un crime contre l’humanité.


3. Les écoles se vident. Pour un exemple : les effectifs d’une école sont passés de 1500 (20172018) à 85 élèves (2018-2018). Et les hôpitaux sont abandonnés.


4. Dans une région considérée comme le grenier du Nord-Kivu, des familles ont droit à un repas tous les deux jours.


5. Parmi les victimes, on note de plus en plus d’enfants et de jeunes, notamment les élèves et les étudiants.


6. A l’heure où je vous écris les populations de Beni-Paida, à 5km de la ville ainsi que de la ville d’Oicha sont entrain de fuir les bombes. Que fait la Monusco pour les protéger ?


7. La liste est longue, pour plus d’information et voir de quelle manière la population est égorgée sans aucune pitié, rendez-vous sur le site www.benilubero.com , le seul site qui informe encore de ce qui s’y vit.


Je suis convaincue que vous avez d’autres affaires à régler. Je pense cependant que pour éviter d’écrire une autre page encore douloureuse sur le génocide dans l’histoire de l’humanité, même si elle est déjà écrite, sauvons ce qui peut l’être. C’est l’homme débout, vivant, en bonne santé qui peut réfléchir, se projeter dans l’avenir, construire un monde meilleur... Si la cause des conflits, des guerres est résolue ; une chose est sûre, on n’assistera pas à ce spectacle de flux migratoire des populations en particulier du Sud vers le Nord !!! Veuillez agréer mes salutations Monsieur Le Président,


Balikwisha Judith