Témoignages - 3 juin 2019

fr - Les Oblates de L´Assomption ... En Marche avec le peuple amazonien

Les deux communautés oblates de la région amazonienne - Manaus et Tapauá au Brésil - sont intimement liées à cette synodale par leurs activités pastorales dans cette église, participant à la vie des Ribeirinhos, des périphéries et des communautés où nous sommes insérés. 


Pour beaucoup de nos frères amazoniens, le synode est encore un mystère à découvrir, à comprendre et a vivre.. C’est là notre grande tâche de missionnaires au service de la vie et du peuple amazonien.


Voici ce que nous pouvons partager de nos rencontres :

"Amazônia" : Nouvelles voies pour l’Eglise et pour une écologie intégrale "
Identité et pleurs de Pan-Amazonica

La Pan-Amazonica est comprise comme l’ensemble du territoire qui constitue la région au-delà du bassin hydrographique.


Le bassin amazonien représente l’une des plus grandes réserves de bi-diversité (30% à 50% de la faune et de la flore du monde), d’eau douce (20% des eaux douces non gelées dans le monde) et compte plus d’un forêts primaires de la planète. Ils couvrent plus de sept millions et demi de kilomètres carrés et neuf pays font partie de ce grand biome qu’est l’Amazonie (Brésil, Bolivie, Colombie, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Venezuela et la Guyane française en tant que territoire d’outre-mer).


Nous observons donc que l’Amazone héberge de nombreux types d’Amazonie.

Dans ce contexte, l’eau, à travers ses cascades, ses rivières et ses lacs, représente l’élément articulant et intégrateur ayant pour axe principal l’Amazonie, rivière mère et père de tous. Dans les neuf pays de la région panamazonienne, on estime à environ trois millions le nombre de peuples autochtones, répartis dans environ 390 peuples et nationalités différentes. Chacun de ces peuples représente une identité culturelle particulière, une richesse historique, une manière appropriée de voir le monde et de s’y rapporter.


Lors d’une visite à Puerto Maldonado, le pape François a constaté toute cette situation et a exprimé son inquiétude pour la nature, affirmant que : "Les relations harmonieuses entre Dieu Créateur, le néoextrativismo des êtres humains nuisibles et sous la pression de grands intérêts économiques ... la culture dominante de consommation et d’élimination entraîne la planète dans un dépotoir ". "La protection des peuples autochtones et de leurs territoires est une exigence éthique fondamentale et un engagement fondamental des droits de l’homme ..." (Laudato SI Cap.IV).

Les évêques d’Amérique latine et des Caraïbes reconnaissent que "la nature est un héritage libre" et, "en tant que prophètes de la vie", assument leur engagement de protéger la Maison commune de la création) (Doc. Aparecida 471).


Aujourd’hui, le cri de l’Amazone au Créateur est similaire au cri du Peuple de Dieu en Égypte (Ex. 3 : 7), c’est un cri d’esclavage et d’abandon, qui appelle à la liberté et à l’écoute de Dieu.

Nouvelles voies vers une église avec le visage amazonienne


Le pape François, toujours dans son discours à Puerto Maldonado, s’exprimait ainsi : "Nous, qui n’habitons pas ces terres, avons besoin de votre sagesse et de vos connaissances pour pouvoir pénétrer, sans détruire, le trésor qui enserre cette région, Les paroles du Seigneur à Moïse : "Enlève tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte" (Exode 3 : 5).sont aujourd´hui une realité de ses peuples.


Le synode est un événement (une grande fête) de l´Èglise pour l’Église, afin qu’elle puisse comprendre et reconnaître sa mission évangélisatrice et prophétique sur ces terres panamazoniennes.


Le pape Francois veut que nous trouvions de nouvelles voies pour cette évangélisation, en commençant par l’Église elle-même (clergé, ministres de la religion, laïcs) avec un visage, une mentalité amazonienne.

Cela signifie que des valeurs de l’Évangile, une mission incarnée est nécessaire, même avec une faible présence de l’Église face à l’immensité du territoire et à sa diversité culturelle. En Amazonie, les jours s’écoulent comme le mouvement des eaux. En particulier dans les régions les plus éloignées, il est nécessaire de changer les voitures, par les canoës, les lits, les filets, les canapés par terre, la viande par le poisson et la farine .... Dans ces manières amazoniennes, il est nécessaire de "relativiser avec fidélité / audace / vaillant le prophétisme de L´Èglise, en faisant des autochtones le principal interlocuteur" (LS.146).


Les missionnaires autonomes, ainsi que les étrangers, doivent cultiver la spiritualité de la contemplation et de la gratuité, ressentir avec leur cœur et voir du côté de Dieu les peuples amazonien et indien, cette spiritualité doit être pratiquée avec les pieds dans le pays offert la joie et le plaisir de vivre ensemble, d’écouter leurs histoires, de participer à leurs projets de vie, de partager leur spiritualité et d’assumer leurs luttes. Pour cela, une présence stable est nécessaire, la connaissance de la langue autotune, de ses cultures et de son expérience spirituelle. 


Le pape François a dit : "Aidez vos évêques, aidez vos missionnaires et vos missionnaires à ne faire qu’un avec vous ... vous pouvez façonner une église à visage amazonien et une église à visage indien. C’est dans cet esprit que j’ai appelé un synode pour l’Amazone. "

Préparer le synode pour l’AMAZONIE


La méthodologie Synodal était intéressante, même pour élaborer le matériel de travail à partir de la base, et le pape François a mis un point d’honneur : à écouter les peuples autochtones d’Amazonie, qu’il s’agisse de jeunes, de religieux et de prêtres, tous les peuples autochtones doivent participer de cette préparation. Le grand espoir c´est que les pères synodaux qui recevront ce matériel pourront le recevoir comme un souffle du Saint-Esprit.


Le REPAM (Réseau ecclésial panamazonien) est en avance sur ces travaux préparatoires pour le Synode. 


Quelques données statistiques sur l’état de cette préparation :


87 000 personnes.
22 000 événements à la demande de l’Église.
65 000 pour collecter ces écoutes.
70 assemblées sur le territoire panamazonien
25 forums


Entre juillet 2018 et le 15 février 2019, 260 points d’écoute ont été évoqués lors de la plupart de ces réunions avec la présence des évêques de la région panamazonienne.


Le Cardinal Claudio Hummes, président du REPAM, a rendu le fruit de ce travail au secrétariat du Synode des Évêques, au Vatican le 25 février, par l’intermédiaire du cardinal Lorenzo Baldisseri, le rapport où toutes les écoutes synodales du REPAM ont été recueillies.


Nous espérons que chaque diocèse / paroisse / communauté / peuple de Dieu, avec joie et engagement, accueillera le document final du Synode afin que cette église amazonienne devienne réalité et expérience dans ces nouveaux chemins pour l’Église et pour l’écologie intégrale.


En famille Assomption, nous sommes heureuses de nous engager dans ce synode d’Amazonie, pour la cause de notre « maison Commune » qui est aussi une tâche pour faire advenir le règne de Dieu. 


Sr Sirlène MILITAO et la communauté OA de Tapaua- Amazonie.