Information - 4 juillet 2018

fr - Ce que je connais du Tchad


Soeur Florence, orante de l’Assomption


Introduction
Le Tchad, est un pays d’Afrique centrale situé au sud de la Libye, à l’est du Niger, du Nigeria et du Cameroun, au nord de la République centrafricaine, et à l’ouest du Soudan.
Le Tchad est comme une succession de plaines. Le nord du pays compte quelques montagnes dont la plus élevée, est l’Emi kossie de 3414 m d’altitude. Dans l’est les sommets les plus élevés des plateaux du Ouaddaï culminent à environ 1450m.
Capitale du Tchad
N’Djaména est la capitale administrative et la plus grande ville de la république du Tchad. Sa population compte plus de 1 092 066 habitants. Elle est la deuxième capitale économique du pays après Moundou.
Néanmoins, l’instabilité dans les pays voisins empêche la ville de profiter pleinement de son vrai potentiel et de ses deux atouts que sont l’exportation du bétail et le lac Tchad. La ville a longtemps souffert du manque d’électricité, mais de nouvelles centrales ont permis d’améliorer significativement la fourniture en énergie. Elle souffre également d’une croissance démographique exceptionnelle due à l’exode rural, qui oblige les autorités à investir de façon massive dans les infrastructures. Les populations nouvelles, désœuvrées pour la plupart, vivent souvent à la périphérie de la ville, où les services de l’État sont inexistants.
Le nord du pays est désertique car situé dans le Sahara même. Le sud est fertile et a une bonne végétation pendant la période pluvieuse. Le Tchad en lui-même ne peux se suffire pour alimenter son peuple.
Vous comprendrez que le Tchad dépend de ses voisins pour survivre, notamment les pays limitrophes cités- ci haut.


1 : Situation économique


Le Tchad est un pays pauvre. La sécheresse que connait ce pays peut être l’une des causes de sa pauvreté. L’économie nationale repose principalement sur l’agriculture et le commerce, l’industrie manufacturière n’occupant qu’une part marginale et reposant essentiellement sur la transformation (sucre et coton fibre). La vie du paysan repose sur la culture du riz, mil, petit mil, mais…, l’élevage du gros et petit bétail, la pêche. L’éleveur est nomade car il doit se déplacer pour sauvegarder la vie de ses bêtes. Le pays ne compte que deux grande rivières connues : le fleuve Chari et le Logone mais qui parfois à certains endroits perdent leurs eaux pendant la forte chaleur. Le lac Tchad est unique qui nourrit en grande quantité des poissons tout le pays


2 : Situation religieuse
L’Église catholique au Tchad, plus connue sous l’appellation mission catholique, est présente depuis le début du XXe siècle. Les premiers missionnaires sont arrivés à Fort Lamy (N’Djaména) et à Moundou au Sud. Pays laïc, la population du Tchad est constituée de chrétiens (catholiques et protestants) et de musulmans. La communauté catholique au Tchad est constituée en majorité des chrétiens vivant au Sud et au centre du pays. Elle représente plus de 25 % de la communauté chrétienne au Tchad.
L’implantation du catholicisme au Tchad a été tardive si on la compare avec la situation dans les autres pays d’Afrique, puisqu’elle date des années 1930. Le Tchad dépendait alors du vicariat catholique de Khartoum au Soudan, aux mains des Italiens ; les Français étaient donc méfiants.
En 1929, deux Pères Spiritains, venus de Bangui s’installent à Kou, près de l’actuel Moundou. Le 22 mars 1946, un décret du Vatican créé trois juridictions pour les Jésuites, les Oblats de Marie et les Capucins en quatre diocèses, Fort-Lamy, Fort-Archambault, Moundou et Pala
le 31 janvier 1990, Jean-Paul II a visité le Tchad.


L’œcuménisme
L’Eglise catholique du Tchad a toujours une initiative de rechercher l’unité des croyants. Comme dans tous les autres pays. Chaque année, nous participons à une célébration de l’unité des tous les croyants, pour nous faire comprendre que nous sommes tous enfants d’un même père. Catholiques, protestants, musulmans, … aussi pendant la conférence épiscopale du Tchad (CET), les évêques invitent un jour, les imams, pasteurs…pour un dialogue inter religieux à la recherche même de cette unité.
3 : La tradition et l’Eglise
Comme tout autre pays, le Tchad a ses valeurs morales qu’il transmet des générations a génération. Cette transmission se fait en brousse sur une période déterminée. Cette tradition s’accompagne par l’excision et l’initiation.
A : Qu’est-ce que l’excision ?
L’expression excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) désigne toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques. La pratique est classifiée en quatre types, dépendant de l’importance de l’altération des organes.
L’E/MGF constitue une pratique traditionnelle comportant de graves conséquences sur la santé des filles et femmes, notamment :
• Des hémorragies ou des infections (des voies urinaires, de l’appareil génital, la formation d’abcès…) pouvant entraîner la mort,
• La transmission du SIDA, d’une hépatite ou d’autres maladies,
• L’incontinence urinaire,
• Un risque accru de saignements et d’infection lors de l’accouchement,
• Des douleurs lors des relations sexuelles,
• Des troubles psychologiques et sexuels, voire de l’infertilité,
• L’arrêt de la scolarisation
Pourquoi cette pratique persiste-t-elle ?
L’E/MGF est pratiqué pour des raisons de plusieurs ordres :
• Sexuel : contrôler ou réduire la sexualité féminine.
• Sociologique : s’agissant, par exemple, d’initier les filles à devenir des femmes, d’assurer leur insertion sociale et de maintenir la cohésion sociale.
• Hygiénique et esthétique : quand on considère les organes génitaux féminins comme sales et laids.
• Sanitaire : en vertu de la conviction erronée selon laquelle cette pratique favorise la fécondité et la survie de l’enfant.
• Religieux : dans la conviction erronée selon laquelle la MGF/E est un impératif religieux.
La pratique de l’E/MGF découle d’un système complexe de croyances. Les communautés perpétuent la coutume et la tradition. Dans bien des cas, les membres de la famille sont conscients que la pratique peut infliger des souffrances physiques et psychologiques à leurs filles, mais considèrent qu’ils font ce qu’il faut pour bien éduquer leur fille et pour la préparer à l’âge adulte et au mariage.
La procédure confère un sentiment de fierté, représente le passage à l’âge adulte et donne le sentiment d’appartenir à la communauté. Pour les communautés pratiquantes, l’E/MGF garantit une position sociale, la possibilité de se marier, la chasteté, la santé, la beauté, ainsi que l’honneur de la famille. De nombreuses mères se sentent obligées par la pression sociale de l’imposer à leurs filles. Ces dernières, si elles y échappent, sont alors victimes de discrimination.
Que fait l’UNICEF ?
L’UNICEF s’est fixé pour but de mettre fin à l’excision d’ici à 2020. Un objectif ambitieux qui pourra être atteint grâce à votre appui. L’éducation aux droits humains est au cœur de tous les programmes que nous soutenons. Le travail dans le domaine très sensible de l’excision (car on touche là à une pratique culturelle) nécessite beaucoup de tact, de précautions et de respect.
Notre travail comporte deux niveaux : la sensibilisation de la population pour faire changer les mentalités et habitudes, et le plaidoyer auprès des instances officielles pour faire changer les lois et les structures :
• L’éducation joue aussi un rôle très important. Nous constatons en effet une baisse des mutilations proportionnelle au niveau de scolarisation des mamans.
Les justifications suivantes sont notamment invoquées par les groupes qui pratiquent l’excision :
• Le contrôle de la sexualité des femmes et le maintien de la domination masculine : L’excision – en prévenant le désir sexuel, empêcherait les expériences sexuelles prénuptiales et ensuite les relations adultérines – garantissant ainsi l’honneur de la famille et du mari.
• Les croyances liées à la religion : bien qu’aucun texte religieux ne prescrive la pratique – qui a d’ailleurs précédé l’apparition des grandes religions monothéistes – certains utilisent leurs croyances pour justifier l’excision. La pratique se retrouve aussi bien dans des populations musulmanes, chrétiennes ou animistes.
• D’autres croyances, les mythes : certaines communautés pensent que l’excision favorise la fécondité des femmes ; qu’elle permet d’assurer une meilleure hygiène, de rendre les femmes plus attrayantes ou même de leur ôter les parties qu’ils considèrent comme masculines ou dangereuses telle que le gland du clitoris.
• Le maintien d’une identité et d’une tradition culturelle : pour certaines communautés, pratiquer l’excision permet de perpétuer une tradition et de protéger une identité culturelle. L’excision est par exemple parfois associée à des rites de passage à l’âge adulte. Pratiquer l’excision pour préserver son identité culturelle, en particulier au contact de groupes qui ne pratiquent pas, peut jouer un rôle important, par exemple dans migration pour s’assurer de transmettre valeurs et identité culturelle.


B/ L initiation chez les hommes


Yondo ou la mort du Do chez les Sara au Sud du Tchad est un rite initiatique réservé aux hommes de 12 à 77 ans., ce rite construit l’homme. Il permet à ce dernier de sortir de son état sauvage à l’état civilisé. Le Yongo procure chez les initiés le sens de la responsabilité. Chez les Sara, le Yongo attache l’homme à sa culture et à sa terre. Tant qu’un individu n’a pas été initié au Yondo, il n’est pas écouté par ses pairs. L’initiation qui dure trois mois, pouvait s’étaler avant jusqu’à six mois. « .