Divers - 10 avril 2018

fr - Murs...


Il est assez étonnant qu’un mur voulant être construit depuis 2016 entre la France et la Grande Bretagne, pour empêcher les migrants de traverser la Manche, est un leurre. En effet, le moteur qui pousse les différents états au travers de leurs politiciens à s’opposer à l’entrée de migrants sur leur territoire outrepasse de loin les belles formules comme : "Il faut bien réguler les migrations" ; ou d’une manière plus populaire : "On ne peut accueillir tout le monde". Cela est assez étonnant car un des premier droit humain est la mobilité : tout être humain a le droit d’habiter où il veut sur la terre, dans la mesure où il s’inscrit dans une société, en vit les devoirs et les droits. Cette fabulation du rejet de celui qui n’est pas comme moi ou le rejet de toute forme de partage, est tellement inscrit dans l’homme que l’on devient inhumain de la manière la plus naturelle du monde. Aujourd’hui il n’y a pas de mur à Calais mais des murs encore plus meurtriers se sont élevés entre les migrants ; les politiques actuelles y ont inscrit une violence policière outrancière et une séparation des migrants entre eux incitant les ghettos et la montée de la violence. Une exploitation des passeurs dépasse tout ce que l’on peut imaginer, une véritable guérilla s’est instituée, s’appropriant le plein pouvoir du passage jusqu’à des représailles d’une violence extrême pour qui ose vouloir passer d’un pays à l’autre, par ses propres moyens. Les passeurs deviennent des tyrans et des exploiteurs que plus personne ne peut contrôler.


Myriam Collon, psa