Prieres - 10 avril 2018

fr - Mémoire de nos soeurs tuées au Rwanda le 26 avril 1994

Poème composé par soeur Paul de la Croix, r.a., à prendre en entier ou en partie, en entercallant un refrain :« il n’est pas de plus grand amour… »

Si je t’oublie BIRAMBO,
“Que ma langue s’attache à mon palais” (Ps.136,5-6)
Quand dans les dernières dates de Novembre 1954
tu ouvrais tes portes, tout le peuple de Nyantango t’applaudissait,
et toutes ses femmes t’apportaient des présents.

En ton honneur, toutes sortes d’acclamations resplendissaient.
Dès lors, beaucoup de jeunes, de pauvres
et d’orphelins ont pris chemin vers toi.
Des maisons ont été construites, des œuvres se sont multipliées.

Durant 40 ans, des générations et des générations
de femmes savantes ont passé dans tes mains.
Au moment du grand progrès du pays,
tu as inventé avec lui la marche de la promotion
de la femme Rwandaise.

Ainsi, plusieurs techniques ont été développées :
École ménagère, Ouvroir et autres Ateliers pour jeunes filles
et femmes ainsi que de petites coopératives, etc.
Pendant ces dernières années 1960-1994, tu as maintenu Isimbi
pour valoriser les métiers à des jeunes filles non scolarisées.
Tu as fondé l’école des Animateurs de la jeunesse,
le C.N. et le Centre de Santé.
Oh ! Birambo, aussi lorsque les jours
les plus obscurs ont frappé à toutes les portes
du même pays de jadis (1994 en Avril),
les tiennes ont été aussi grandement ouvertes.
Les petits et les grands se sont avancés pour trouver refuge en ton sein. Les pauvres
et les riches se sont mis ensemble.

Oh ! Communauté de Birambo !
Tes onze sœurs ont vécu dans cette mêlée.
Cependant, ces hommes qui en voulaient à leur vie les ont mises
à part, soit disant pour les sauver d’une catastrophe.

Mais, loin du regard n’est pas loin du cœur,
ta communauté a partagé le même sort
que tous ces milliers de personnes
qui ne voulaient que la survie à l’abri de tes murs Birambo.
Tu as bien voulu les couvrir de tes ailes,
mais les circonstances ne te l’ont pas permis.

Ces ailes ont été arrachées,
cela se voit à travers le délabrement de tes plafonds,
les cassures de tes fenêtres et les fissures de tes murs.
Très chère petite grand-mère Assomption de Birambo,
tu as bien connu la folie du message
dans cette faiblesse humaine de ton pays (1 Cor. 1,17).
Pour cette foule immense qui repose dans tes alentours,
sois remerciée, car tu as présenté ta face,
et elle a été flagellée.
Enfin tu as vécu avec ces troupes comme Jésus ton maître
au dur moment du couronnement d’épines (Mt 27, 27-31).

Oui, Birambo, ton chef ne t’as pas envoyé multiplier des œuvres
seulement, ni baptiser, mais surtout annoncer l’Évangile
jusqu’à la folie de sa croix. Cette folie que découvrent ceux
qui reconnaissent la puissance de Dieu
là où le monde ne perce pas.

N’aie pas peur Birambo,
ton architecte est vivant aujourd’hui comme hier.
Tes trois jours viendront et les murs de ta communauté
et de ton école seront reconstruits.
Celle qui a inventé le langage du secours à Cana,
reste toujours à tes côtés.

Celui qui l’a aussi gardé et a défendu le Fils de l’Homme
des secousses des puissants du monde,
ne serait-il pas aussi ton Chef ?
Et tes fondatrices, tes cinq sœurs, tes amis qui t’ont vu saccagée
ne t’encourageront-ils pas du haut du ciel ?
Birambo, n’aie pas peur tu te relèveras.

Tu es l’âme qui s’élève, tu élèveras bientôt le monde.
Courage, chère petite grand-Mère Assomptiade Rwandaise.
tu seras toujours sa fille aînée
et modèle de la fidélité au Christ ton époux.

Sœur Paul de la Croix (publié en « Partage Auteuil » no. 68)

Proposition de célébration en français, espagnol et anglais en haut à droite (pdf)
Propuesta de celebración en francés, español e inglés arriba a la derecha (pdf)
Proposal for celebration in French, Spanish and English top right (pdf)