Themes - 2 novembre 2015

fr - Le synode sur la famille : défis et espérances

Le synode sur la famille est présenté comme un moment « historique » pour l’Eglise. Son sujet est immense : « La vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et le monde contemporain. » Si la famille est une cellule fondamentale dans toutes les sociétés humaines, ces dernières décennies au sein des sociétés occidentales, cette institution a été traversée, modifiée par des changements rapides et profonds :

- une conscience plus vive de la liberté personnelle
- une plus grande indépendance financière des conjoints entre eux
- une plus grande attention à la qualité de la relation dans les couples
- une maîtrise responsable de la procréation

Ces évolutions qui comportent bien des aspects positifs, font naître aussi de nouvelles fragilités : le nombre croissant des divorces, des familles monoparentales (souvent précaires financièrement), des dysfonctionnements du rapport d’autorité entre les parents, adultes et enfants. des difficultés à concevoir l’altérité homme /femme, à accepter la vie comme un don.

Le rapport Eglise, foi, société a aussi beaucoup évolué :
- L’institution ecclésiale n’est plus la seule voix qui légitime, organise la vie de nos sociétés. L’émergence de la laïcité lui a appris à être une voix particulière en dialogue avec d’autres.
- Le rapport des croyants à la foi s’est lui aussi largement modifié : le sens critique s’est développé, la demande de Vérité s’est atténuée au profit d’une demande de sens. Les réponses toutes faites ne provoquent plus l’intérêt ; les demandes d’accompagnement pour trouver du sens à sa vie sont, elles, un des défis incontournables des projets d’évangélisation.
- L’intérêt pour la vie présente a pris le pas sur celui de la vie éternelle. Il n’est plus attendu de la foi qu’elle ouvre les portes du Ciel mais qu’elle transforme de l’intérieur la manière de vivre l’ici et maintenant.
- La forme exemplaire de la foi est moins la certitude, l’adhésion absolue que la reconnaissance des failles possibles de son adhésion, la capacité de se questionner et l’honnêteté vis-à-vis de ses doutes.

Compte tenu de ces réalités nouvelles en Occident, et de bien d’autres non évoquées dans le présent article au niveau mondial, les pères synodaux inspirés par l’Esprit devront ouvrir un chemin de crête : ne pas céder à la tentation du relativisme, ou de la miséricorde à bon marché, et ne pas tomber dans un raidissement hostile à tout changement.

La prière tant aimée du Père Pernet prend vraiment tout son sens, en ce temps d’approfondissement de la vocation des familles dans l’Eglise, aussi osons la reprendre et proposer largement à cette intention : « Mon Dieu, fais l’unité des esprits dans la vérité et l’union des cœurs dans la Charité. »

Sophie Havin
Petite Sœur de l’Assomption