Information - 17 octobre 2017

fr - La terre est comme une mère


La terre est comme une mère, en ce sens qu’elle porte et nourrit tout ce qui vit sous le soleil, d’où la réalité de « la vie terrestre ». En même temps, cette terre parait intimement liée aux questions d’identité culturelle et sociétale par l’intégration dans un territoire.


Accéder à la terre, posséder une portion de la terre c’est une source sûre de revenus permettant la subsistance familiale. Autant des raisons de préserver notre héritage commun pour que la vie y soit toujours possible. Pourtant, cette mère- terre n’est pas toujours honorée en sa qualité de facteur de vie. La terre devient aussi source discrimination sociale, de marginalisation économique quand l’identification des populations se focalise sur les acquéreurs terriens.


Des nombreux conflits ou guerres sont souvent liés à la terre et l’exploitation de ses ressources. On sait combien les conflits fonciers deviennent violents. Des terres confisquées ou vendus aux grands propriétaires, des villages brulés, des animaux disparus…sont des actes auxquels se livrent des exploitants qui ont perdu le sens de la vie terrestre.


Plus fort encore quand ces activités sont réalisées par des politiques qui, au lieu de favoriser et de protéger la vie de population, ils entrainent une forme de colonisation des terres en dépossédant les pauvres paysans et autochtones de leurs terre et en les vendant aux multinationales pour des motifs de « civilisations industrielles ».


Ces formes d’expropriations rencontrées souvent en Afrique et en Amérique latine sont à la base de nombreux conflits armés. Sans mettre en cause la nécessité de l’urbanisation, les acteurs pour le développement durable ne devraient pas encourager des macro projets d’installation sociétés agro-industrielles sur plusieurs milliers d’hectares de terres cultivables et très fertiles qui appartenaient aux populations autochtones, et ceux – ci deviennent sans terre si adresse, car les ils ne sont pas associés au projets initiés.


Ces situations engendrent des actions de violence répétée dues aux revendications de droits de terre par la population marginalisée. Il est une évidence : on ne peut prôner le développement d’un peuple sans sa participation ou sa négociation sous peine de rejeter le projet comme une menace, ce qui crée souvent un cycle de violence, avec des pertes humaines considérables.


Pour finir notre réflexion, la possession de terre et l’exploitation des ressources minières constituent des facteurs majeurs des guerres dans la plupart des pays. Un exemple typique de la guerre en RDC : comme l’indique Professeur Bernard Lugan , la guerre à l’Est de la RDC est une politique visant à faire du Kivu un protectorat, en d’autres mots un pays indépendant et aboutir ainsi à la balkanisation (division du pays). Terre riche devenue le théâtre des massacres et cimetière de ses habitants, et la vie terrestre même pour les animaux, devient impossible, tel un désert où la terre desséchée ne sait plus apaisée la soif des habitants.


Pour favoriser la vie terrestre, la préservation des écosystèmes devra aller de pair avec une gestion politique saine du bien commun, protège le droit de tous à l’habitat, ce qui suppose le partage équitable des ressources naturelles à l’échelle nationale et internationale. Car l’accès aux terres de cultures et aux pâturages constitue un gage de paix, de stabilité, un pas vers le développement durable.


soeur Marie Madeleine Kambumbu (Oblate Assomption)