Formation - 14 décembre 2017

fr - La conférence des parties sur le climat (COP23)


La conférence des parties sur le climat (COP23) s’est tenue à Bonn du 6 au 17 novembre : occasion pour les Etats de réaffirmer leurs intentions de contribuer à un monde moins carboné dans les années qui viennent. On sait toutefois les résistances énormes de certains chefs d’Etat, comme Donald Trump.


Mais on sait peut-être moins la façon inquiétante dont évoluent la production et la consommation d’énergies fossiles : la production de charbon dédiée à la production d’électricité continue à augmenter dans plusieurs pays, alors même que la consommation pétrolière se poursuit à la hausse et que le gaz moins polluant, mais bon marché, est considéré par de nombreux pays comme la ressource à privilégier.


Dans ce contexte, les scénarios envisagés par les agences internationales et cabinets de conseil chargés de faire de la prospective sont davantage « bruns/brown » (décrivent un monde à +5° d’ici la fin du siècle), que « bleu/blue » (monde à +3°). La probabilité de pouvoir arriver collectivement à respecter l’accord de Paris (scénario « vert/green » à +2°) est très faible.


Comment expliquer notre inertie collective ? et que faire ? Tant que nos dirigeants, tant économiques que politiques, n’intégreront pas dans leurs projets et dans leurs politiques la dimension de la sobriété (par la transformation des styles de vie des classes moyennes et aisées), les tendances ne s’inverseront pas.


Rappelons que les scénarios proposés dans le cadre du débat national français sur la transition énergétique, en 2013, comportaient tous trois piliers, la sobriété étant l’un des trois, à côté du développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique… Le gouvernement français, pas plus que les autres Etats, n’a retenu cet aspect. Pour y parvenir, comme le souligne le pape François dans l’encyclique Laudato si’, une pression accrue est nécessaire de la part de la société civile, des consommateurs et citoyens que nous sommes, à toutes les échelles possibles.


A cet égard, on peut saluer différents mouvements, émanant tant d’ONG que de petites et moyennes entreprises, afin d’appeler de leurs vœux des stratégies de désinvestissement des énergies fossiles et d’investissement dans des entreprises faiblement émettrices et soucieux de leur inscription durable dans des territoires.


Cécile Renouard