Themes - 13 avril 2016

fr - L’après COP21 : beaucoup d’incertitudes


Le 22 avril aura lieu au siège des Nations Unies, à New York, la cérémonie de signature de l’accord de Paris. En mai, à Bonn, les 195 pays engagés poursuivront leurs travaux, notamment pour préciser le mécanisme de transparence et le suivi des engagements des Etats ; et du 7 au 18 novembre aura lieu la Cop 22 au Maroc. L’agenda des négociations est en place, mais les incertitudes sont nombreuses.


Certains des architectes de l’accord de Paris, comme Christiana Figueres, directrice de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques est en fin de mandat. La réalité des pratiques nationales depuis décembre dernier est en contradiction, dans bon nombre de pays, avec les déclarations d’intention en faveur de la réduction des émissions de CO2 : en France, par exemple, existent des pas vers la mise en œuvre plus déterminée de la transition énergétique mais aussi des décisions en faveur de projets polluants et énergivores, dont la polémique autour de la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes est un bon exemple. Aux Etats-Unis 27 Etats ont saisi la Cour suprême qui a suspendu l’application du « Clean Power Plan » pourtant destiné à réduire les émissions de CO2 des centrales électriques (souvent à charbon) d’ici 2030.


Il est frappant de constater comment les débats politiques autour de la mise en œuvre de la transition sont quasiment muets sur les enjeux de sobriété et de transformation des modes de vie des populations des classes aisées et moyennes d’un bout à l’autre de la planète, afin d’assurer le développement des populations les plus vulnérables. Pourtant le succès inattendu du documentaire Demain(2015), réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, engagés dans le mouvement Colibris, créé par l’agro-écologiste Pierre Rabhi, témoigne de l’aspiration de beaucoup à vivre autrement : le film donne à voir une multiplicité d’engagements locaux ingénieux de diverses natures dans les pays occidentaux (jardins partagés, agriculture collaborative, permaculture, monnaie locale, monnaie inter-entreprises, entreprises engagées dans la transition sur leur territoire, etc.) qui pourraient inspirer un projet politique ambitieux. D’où l’importance des initiatives citoyennes aussi bien que des décisions des pouvoirs publics locaux pour donner corps à la transition écologique et favoriser une transformation sociétale ‘par le bas’.


Cécile Renouard