Formation - 24 février 2017

fr - Contribution autochtone pour le vivre ensemble au Québec.


Dès mon enfance jusqu’à aujourd’hui, ma vie a été marquée par la culture et la tradition autochtone. Je suis de descendance amérindienne, née d’une mère algonquine et d’un père québécois. La face cachée de l’histoire algonquine de l’Abitibi-Témiscamingue m’a toujours interpellée. Mes études m’ont amenée à faire des recherches sur le vécu religieux de cette région au dix-neuvième siècle. Cette recherche m’a été inspirée par ma grand- mère qui nous racontait à sa manière des récits sur les « missions » dites « ambulantes ». Tous en étant catholique pratiquante, ma grand-mère a su nous transmettre la sagesse de sa tradition autochtone et en vivre au quotidien. Pour ma part, cette recherche m’a permis de comprendre que les bouleversements survenus chez les peuples autochtones à la suite de la colonisation venaient d’une vision différente du monde que nous habitons.


Actuellement, mon service à la population autochtone touche la réintégration sur le marché du travail des personnes autochtones sans emploi. C’est donc en tenant compte de mon expérience que je vais tenter de partager avec vous des ressorts de mes traditions culturelles /spirituelles sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour faire des pas significatifs dans le vivre ensemble au Québec.


J’aimerais mentionner, dans non héritage ancestral, quelques aspects susceptibles de nous faire cheminer vers un vivre ensemble effectif dans une société québécoise pluriculturelle : la vision intégrée du monde à travers le lien à l’environnement, la nécessité de nous réapproprier notre historie et le partage d’une pratique culturelle de guérison toujours en cours.


Lien avec l’environnement


Comme les autres groupes chasseurs, cueilleurs, les Algonquins avaient acquis une connaissance approfondie de leur environnement et développé des savoirs transmis d’une génération à l’autre pour assurer les besoins de leur communauté et conserver l’harmonie avec la mère Terre qui met ses dons à notre disposition.


De nos jours, la compréhension et les connaissances face à l’environnement s’avèrent plus que jamais indispensables au maintien de a vie sur la terre. Toutefois, dans un contexte comportant de nouveaux enjeux et des acteurs ayant plus à cœur le profit que la croissance économique pour toutes respectueuses des rythmes de la nature, le lien environnemental m’apparaît un ressort où nous pouvons collaborer pour cultiver le respect de la vie sur toutes ses formes.


Regardons para exemple la lutte que mènent les Premières nations du Québec et du Labrador contre le popeline des sables bitumineux, une lutte qui a conduit à la signature d’un traité d’alliance avec d’autrespremières Nations du Canada touchées par les mêmes risques. Le site internet de West Meet East, explique de quelles façons l’industrie des sables bitumineux déstabilise le climat, pollue le sol, l’eau, l’air et menace la santé des communautés autochtones et non- autochtones. Les enjeux liés à l’environnement sont d’une urgence sans précédent et font appel à l’implication et à la solidarité de tous.


À partir d’une autre perspective, on pourrait dire que la relation à l’environnement procure un sentiment de bien- être où nous prenons conscience de nos valeurs, de ce qui nous est nécessaire pour être heureux. Cette relation comporte également une dimension spirituelle qui nous amène à considérer la création comme étant partie de soi, à créer des liens de communion avec le Créateur.


Rose-Anne Gosselin


PS : L’article complet en pdf en haut à droite.