Divers - 15 juin 2015

fr - Le cri des pauvres

Nous avons voulu porter la réflexion de ce mois-ci sur le conflit qui frappe la R. D. du Congo, spécialement dans la région du Nord-Kivu. Nous sommes témoins de la situation dramatique d’un peuple qui se débat dans la peur et le désespoir, appauvri par la guerre, qui cherche à tout prix une lumière d’espoir pour continuer à vivre, afin de poursuivre sa lutte. 
L’Assomption, comme famille religieuse présente dans ce pays, devient solidaire de la vie de ce peuple, elle l’aime profondément, elle laisse la vie sur cette terre. Être solidaire, c’est prendre la décision de rester auprès de ceux qui souffrent, même au risque de la propre vie.
Nous faisons écho à voix des évêques : “Nous sommes indignés du silence autour des trois pères assomptionnistes, enlevés le 19 octobre 2012, dans la paroisse Notre-Dame des Pauvres, à Mbau. Les pères Edmond Bamtupe Kisughu, Jean-Pierre Mumbere Ndulani, et Anselme Kakule Wasukundi, sont-ils morts, ou encore vivants ? C’est de même pour les plus de 837 personnes qui ont été séquestrées sur le territoire et la ville de Beni, depuis 2010.
Nous dénonçons les massacres de Mutarule-Uvira, qui ont eu lieu le 6 juin 2014, avec 34 morts ; de Mweso-Goma, le 25 février 2015, où le prêtre Jean-Paul Kakule a été assassiné ; de Ngadi-Beni, le 15 et le 16 octobre 2014, avec 82 personnes massacrées à la hache et aux machettes, sans parler d’autres tueries qui ont eu lieu récemment dans la zone de Beni, à Oicha, Ahili, Manzanzaba, Apetina, Maisha Jembe, Mulolya, Musuku, Mabatutu, Mongomongo, etc. Les organisations de la société civile ont enregistré les massacres de plus de 419 personnes, dans la ville de Beni et son territoire, entre octobre 2014 et mai 2015 (Assemblée Épiscopale BUKAVU (ASSEPB).
Nous ne pouvons pas nous laisser vaincre par le désespoir, la douleur, et la folie de la guerre, qui frappent à nos portes. Le Seigneur a vaincu la mort : animés de cette certitude, nous nous efforçons de poursuivre la tâche d’étendre le Royaume de la justice et de la paix, le Royaume de la réconciliation et de l’amour. 
Il faut mobiliser nos cœurs et nos mains, afin que nos actions de solidarité et de justice touchent l’âme de ceux qui ne peuvent plus attendre.

Marcelo Marciel, a.a.
Juin 2015