Témoignages - 8 juillet 2014

fr - Angèle à la frontière

Depuis 2011, deux soeurs Ursulines, nous avons été envoyées pour travailler dans la paroisse du Christ-Roi, Seigneur de Tabasco, dans la municipalité de Tenosique, Tabasco, Mexique, à la frontière du Guatemala. Dans cette paroisse il y a 62 communautés, dont les deux tiers sont rurales.
Nous avons appelé le projet : Angèle à la frontière…
Notre objectif est d’être signes de réconciliation et d’espérance, de servir dans l’EVANGELISATION, la MISSION et dans le TRAVAIL de la PASTORALE SOCIALE (avec des migrants, des femmes, des prisonniers, des malades et des personnes en soins).

Peu de temps après, l’armée de Guatemala et la Police nationale, ont évacué avec violence la communauté de Nueva Esperanza (Nouvelle Espérance) qui appartient à Petén, Guatemala. Elles ont brulé les maisons, détruit le Centre de Santé, l’école et les églises.
260 personnes ont cherché un refuge et on les a installées à la frontière du Mexique Guatemala sans rien parce qu’elles se sont enfui de leur pays. Elles sont arrivées à la communauté de Nuevo Progreso (Nouveau Progrès) dont nous, Ursulines, nous nous occupons maintenant.

Les organisations civiles du Mexique ont travaillé pour assurer l’aide humanitaire : toiles de tente pour faire des maisons improvisées, nourriture, eau, vêtements, médicaments, etc. et en même temps que cela un processus de négociation avec leur gouvernement a commencé.
Tout au long de l’année dernière l’eau manquait, une petite rivière s’est asséchée et nous avons demandé si le gouvernement et les ONG pouvaient donner de l’eau en bouteilles pour boire et des citernes pour garder l’eau. En tant qu’Ursulines nous les avons soutenus avec l’aide d’ amis.

En 2012 le Gouvernement fédéral a réalisé une opération avec plus de 350 hommes - Police fédérale, agents de migration et plusieurs groupes qui dépendent du Secrétariat du gouvernement…
Par tromperie ils ont expulsé 71 personnes avec violence, dont la plupart des enfants. Ils leur ont pris le peu ce qu’ils avaient : toiles, vêtements et plus de 7 tonnes de maïs…

Depuis lors, la situation devient de plus en plus critique et tous sont épuisés. On réalise des négociations avec le gouvernement du Guatemala pour qu’ils soient installés à nouveau dans leur pays, mais en attendant ils continuent à souffrir beaucoup.
Le cas des MIGRANTS qui passent par notre paroisse est aussi très difficile. Ce sont ceux qui ont faim, soif, qui sont étrangers, en prison, blessés, malades (Mathieu 25).
Beaucoup arrivent à l’abri, au “Foyer 72, Refuge pour les Migrants” et reprennent force pour monter sur le “Train des mouches ou des bêtes

http://www.youtube.com/watch?v=V0Emdc2GQk& feature=related,

parce qu’ils montent quand il est en mouvement ils ; prennent de grand risques. Ce qu’ils veulent, c’est passer 8000 km par le Mexique pour arriver à la frontière des Etats Unis.

Pour la plupart ce sont des hommes, mais il y a aussi des FEMMES avec des enfants ou enceintes et qui risquent beaucoup pour monter dans le train. Au refuge nous avons connu des femmes qui ont été violées, volées ou qui ont subi une sorte de maltraitance et c’est vraiment très pénible. Les migrants restent à l’abri parfois des heures ou même des jours. En plus de la nourriture, et d’un lieu pour dormir et se laver, on leur donne aussi des conseils et on les aide dans leurs Droits humains. En tant qu’Ursulines nous avons initié un programme d’accompagnement spirituel.

En cette fête de Pâques passée nous avons organisé le Chemin de Croix. Pendant trois jours les gens de tout le pays ont pris la route et ils ont porté la croix des migrants jusqu’à arriver au Foyer. La crucifixion a été représentée sur les rails du train. Nous avons demandé au Seigneur de nous rendre de plus en plus conscientes des besoins de nos frères et sœurs migrants et de nous aider à les aimer et aider comme l’a fait le Bon Samaritain.

Soeurs Rosita et Adriana, osu