News - 6 juin 2014

fr - Refugiés Centrafricains au Cameroun

GENÈVE, 23 mai (HCR) – 

Le HCR a lancé vendredi un appel au financement des opérations humanitaires d’aide aux réfugiés arrivant en nombre croissant à l’est du Cameroun depuis la République centrafricaine. Parmi les nouveaux arrivants, beaucoup souffrent de malnutrition et de maladies, après avoir marché et s’être cachés dans la brousse pendant des semaines avant de passer la frontière.

Le porte-parole du HCR Adrian Edwards a déclaré aux journalistes à Genève que le nombre de décès parmi les enfants réfugiés est particulièrement élevé. « Ving-neuf enfants sont décédés entre le 14 avril et le 18 mai. Le plus jeune d’entre eux était un bébé et le plus âgé avait neuf ans. La plupart ont perdu la vie dans des centres de nutrition thérapeutique, où ils étaient arrivés déjà gravement malades. La déshydratation, l’hypothermie et une sévère anémie étaient les principales causes de décès », a-t-il indiqué.

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun depuis le 5 décembre, via environ 30 points de passage frontière dans quelque 300 villages. Du fait de cette dispersion, il est extrêmement difficile pour les agences humanitaires de répondre à leurs besoins. A Gbiti, la zone la plus affectée qui se situe à environ 400 kilomètres à l’est de Yaoundé, les taux de malnutrition sévère parmi les enfants réfugiés nouvellement arrivés s’élèvent à près de 40%.
« Nous transférons les réfugiés vers des localités plus éloignées de la frontière dans six sites que nous avons ouverts, ainsi que dans plusieurs villages. Plus de 25 000 réfugiés ont déjà été transférés. Ce transfert est d’autant plus pressant après des informations faisant état d’infiltrations de combattants anti-balaka au Cameroun », a-t-il déclaré, ajoutant que le 14 mai, des tirs depuis la République centrafricaine avaient été entendus près d’une installation spontanée de réfugiés à Gbiti.
A présent, plus de 2 000 réfugiés traversent la frontière vers le Cameroun chaque semaine. C’est une baisse par rapport au pic récemment enregistré de plus de 10 000 arrivants, durant la dernière semaine de mars. Les arrivées ont ralenti début avril après que des miliciens anti-balaka, ayant attaqué des réfugiés sur la route, aient bloqué les routes principales menant au Cameroun. Selon des réfugiés nouvellement arrivés, beaucoup de leurs proches restent pris au piège dans la brousse en République centrafricaine.

Adrian Edwards a indiqué que le HCR avait établi trois nouvelles bases dans l’est du Cameroun pour mieux venir en aide aux réfugiés arrivés de ce côté de la frontière, mais le HCR est dans l’incapacité d’accéder à chacun des 30 points d’entrée dans le pays. « Depuis mars, nous comptons 35 employés appartenant à trois équipes dans cette région. Chaque équipe inclue des experts en protection, en services communautaires, en enregistrement, en soins de santé et en nutrition, en distribution d’eau et en installations d’assainissement, en planification de site et en abris », a indiqué le porte-parole.

«  L’aide humanitaire sauve des vies humaines. Nous accélérons le déploiement de davantage d’ONG dans des domaines essentiels comme la santé et la nutrition. Actuellement, il est inquiétant de constater la capacité très limitée des ONG dans les régions accueillant des réfugiés. Plusieurs agences ont fait part des difficultés pour couvrir l’étendue des besoins », a-t-il noté.

Le HCR travaille avec l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial et cinq agences d’aide médicale pour réduire les taux de malnutrition et les décès. Ceci inclue la fourniture de nourriture thérapeutique et enrichie aux personnes souffrant de malnutrition, des distributions de vivres, des campagnes de vaccination, la distribution d’eau potable, l’installation de systèmes d’assainissement et la fourniture d’abris.
« Davantage de financement est nécessaire pour étendre les services et mieux gérer la situation », a indiqué Adrian Edwards, ajoutant : « Le HCR réitère son appel aux donateurs pour augmenter le financement des opérations humanitaires au Cameroun. »
Sur la somme de 22,6 millions de dollars recherchée par le HCR pour venir en aide à la population réfugiée, seulement 4,2 millions de dollars ont déjà été reçus. De plus, le Plan régional d’aide aux réfugiés centrafricains est financé seulement à hauteur de 12% à ce jour. Ce Plan engage le HCR et 14 partenaires dans quatre pays affectés par la crise des réfugiés centrafricains – le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo et le Congo. Il concerne les opérations d’aide humanitaire de six agences des Nations Unies, de l’OIM et de huit ONG.

Article paru le 23 mai 2014 sur le site officiel de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés – UNHCR)