Prieres - 8 avril 2014

fr - vivre le Carême avec "La Joie de l’Evangile"

La fécondité cachée de la Croix
Des églises se vident, des communautés religieuses se meurent, des scandales ébranlent la crédibilité de l’Eglise, une culture séculière expulse la religion de l’arène publique, la prospérité suffoque l’esprit et la recherche de Dieu. En tant que chrétiens nous nous trouvons dans un désert spirituel. L’échec peut décourager ceux qui sont engagés dans l’évangélisation et le travail pastoral. Le Pape François nous rappelle que la croix est une source d’eau vive, qu’aucune œuvre d’amour, qu’aucune entreprise généreuse n’est jamais perdue. Le désert est le lieu même où nous pouvons redécouvrir la joie profonde qui vient de la confiance absolue en Dieu.

  •  Le triomphe chrétien est toujours une croix, mais une croix qui en même temps est un étendard de victoire, qu’on porte avec une tendresse combative contre les assauts du mal. (Evangelii Gaudium 85)
  •  Celui qui se donne et s’en remet à Dieu par amour sera certainement fécond (cf. Jn 15, 5). Cette fécondité est souvent invisible, insaisissable, elle ne peut pas être comptée. La personne sait bien que sa vie donnera du fruit, mais sans prétendre connaître comment, ni où, ni quand. Elle est sûre qu’aucune de ses oeuvres faites avec amour ne sera perdue, ni aucune de ses préoccupations sincères pour les autres, ni aucun de ses actes d’amour envers Dieu, ni aucune fatigue généreuse, ni aucune patience douloureuse. Tout cela envahit le monde, comme une force de vie. Parfois, il nous semble que nos efforts ne portent pas de fruit, pourtant la mission n’est pas un commerce ni un projet d’entreprise, pas plus qu’une organisation humanitaire, ni un spectacle pour raconter combien de personnes se sont engagées grâce à notre propagande ; elle est quelque chose de beaucoup plus profond, qui échappe à toute mesure. Peut-être que le Seigneur passe par notre engagement pour déverser des bénédictions quelque part, dans le monde, dans un lieu où nous n’irons jamais. (279) 
  •  Il est évident que s’est produite dans certaines régions une “désertification” spirituelle, fruit du projet de sociétés qui veulent se construire sans Dieu ou qui détruisent leurs racines chrétiennes… Dans d’autres pays, la violente résistance au christianisme oblige les chrétiens à vivre leur foi presqu’en cachette dans le pays qu’ils aiment. C’est une autre forme très douloureuse de désert. Même sa propre famille ou son propre milieu de travail peuvent être cet environnement aride où on doit conserver la foi et chercher à la répandre. Mais « c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire…
  • Dans le désert, on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et, dans le désert, il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance ». (86)
  •  Dans tous les cas, en pareilles circonstances, nous sommes appelés à être des personnes-amphores pour donner à boire aux autres. Parfois, l’amphore se transforme en une lourde croix, mais c’est justement sur la Croix que le Seigneur, transpercé, s’est donné à nous comme source d’eau vive. Ne nous laissons pas voler l’espérance ! (86)

 Quelles expériences de désert ai-je faites dans ma propre vie… dans mon moi intérieur et dans des situations que j’ai vécues ?
• Où ai-je trouvé dans mes déserts des « sources d’eau vive », « une fécondité invisible », « la joie de croire » ?