Divers - 11 mars 2014

fr - Pas de justice sociale sans justice écologique

La vague de froid qui s’est abattue sur les Etats-Unis début janvier est due à un déplacement vers le sud du vortex polaire, ces vents – cette année d’une rare violence - qui maintiennent habituellement l’air froid au-dessus de l’Arctique. Le typhon Haiyan qui a dévasté une région des Philippines en novembre a été d’une violence inégalée : de mémoire humaine, jamais un vent aussi fort n’a touché des terres émergées sur notre planète.

Deux mois après les événements, des milliers de morts n’ont pas encore été enterrés, des dizaines de milliers d’autres sont toujours sans eau potable, sans accès à des services de base. Haiyan fait partie de ces événements extrêmes, avec les sécheresses et les inondations, dont les climatologues nous promettent qu’ils vont devenir de plus en plus fréquents dans les années et décennies qui viennent, en raison du changement climatique. Plus de 60% de la population mondiale vit à moins de quelques dizaines de kilomètres des côtes, dont beaucoup sont menacées par l’élévation du niveau des océans de 1 à 2 m d’ici la fin du siècle.

Le diagnostic est clair. Les plus pauvres sont ceux qui sont les plus touchés par ces catastrophes et par leurs conséquences : leurs conditions de vie les rendent plus vulnérables et ils ont moins de moyens matériels, techniques, financiers et relationnels, pour faire face, reconstruire leur maison, résister aux intempéries, etc. La transition écologique et énergétique n’est pas le luxe des riches ; elle est un impératif de justice sociale. Et c’est aux riches, précisément, de porter la part du lion du coût de sa mise en œuvre, eux qui ont le plus contribué aux dégradations environnementales.

Qui nous redonnera le goût de la simplicité retrouvée ? Qui fera de nous des passionnés d’une tempérance solidaire ? Laissons-nous inspirer par tant d’initiatives comme les expériences faites aux Philippines, au Burkina Faso, dans chaque pays. Il devient de plus en plus clair pour chacun que le souci de l’écologie est intimement lié au souci de l’équité. Qu’en ce temps de Carême, l’Esprit créateur et sauveur nous inspire toujours plus sur les chemins de la solidarité, de la justice sociale et écologique !

Cécile Renouard, ra
février 2014