Réseaux - 25 juin 2011

fr - Nouvelles d’AEFJN Juin 2011, News of AEFJN June 2011

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 RÉSEAU AFRIQUE EUROPE FOI ET JUSTICE– AEFJN www.aefjn.org    ; aefjn@aefjn.org

Les Eglises font preuve de plus d’initiative dans leur résistance aux abus de droits humains
Une des principales questions posées lors de la Convention internationale œcuménique pour la paix (IEPC) en Jamaïque était “Comment les églises peuvent-elles répondre aux violations des droits humains et mettre fin à l’impunité dont jouissent les personnages officiels de l’Etat ? » Les participants étaient d’accord pour dire que la réponse de l’Eglise, bien que non aisée, est à la fois possible et nécessaire. Aujourd’hui beaucoup d’églises ont adopté le principe qu’il ne peut y avoir de paix sans justice. Un aspect crucial de la guérison sociale est la destitution des personnes responsables de graves violations des droits humains, commises de la main, ou sous le commandement, de dirigeants d’état. Ce faisant, la justice peut être servie, même tardivement, des années après qu’un crime a été commis.
http://www.oikoumene.org/en/news/news-management/eng/a/article/1634/churches-showing-more-ini.html (en anglais uniquement)

Afrique
Le progrès des investissements ne profite qu’à quelques-uns
Alors que les investissements étrangers directs dans les pays les moins avancés (PMA) d’Afrique ont progressé fortement au cours de la dernière décennie, 80 pour cent sont allés vers les économies riches en ressources et ont eu peu d’impact sur la création d’emplois. La Conférence des PMA de 2001 avait adopté l’investissement étranger direct comme un des outils de promotion du développement dans les pays pauvres. Dix ans plus tard, l’étude de UNCTAD, la commission de l’ONU chargée du commerce et du développement, intitulée « L’investissement étranger direct dans les PMA : leçons de la décennie 2001-2010 », montre que malgré la croissance générale, l’investissement étranger n’a pas répondu aux attentes élevées en termes de développement qui avaient été élaborées il y a 10 ans. 

http://www.ips.org/fr/afrique-la-hausse-des-investissements-ne-profite-qu-a-certains-etats-pauvres/

Afrique orientale – L’Egypte est prête à discuter de la répartition des eaux du Nil
La vague de changement démocratique en train de balayer l’Afrique du Nord les derniers mois a offert aux pays du haut Nil une opportunité de revoir les politiques de l’ère coloniale qui avaient donné à l’Egypte la part du lion des eaux du Nil et un pouvoir de veto sur les projets hydrauliques le long du fleuve. La tension entre l’Egypte, le Soudan et les pays en amont au sujet de la construction de la digue Grande Renaissance sur le Nil bleu semble s’être apaisée après que l’Egypte se soit déclarée prête à des discussions. On espère que le dernier mouvement culminera dans un progrès du dialogue sur la Convention-cadre coopérative sur le bassin du Nil. http://www.jamiiforums.com/business-and-economic-forum/133156-egypt-ready-to-talk-over-allocation-of-nile-waters.html#post1948406

Pertes d’argent pour les pays africains les plus pauvres
Les 48 pays classés par les Nations unies comme les PMA [pays les moins avancés], dont 33 se trouvent en Afrique sub-saharienne, ont perdu 246 milliards de dollars dans des flux financiers illicites (argent sortant du pays) de 1990 à 2008, selon un nouveau rapport de « l’Intégrité financière mondiale » préparé pour le PNUD (programme des Nations unies pour le développement). Six des dix pays qui ont eu le plus de sorties d’argent étaient en Afrique, y compris l’Angola (2e), le Lesotho (3e), le Tchad (4e), l’Ouganda (7e), l’Ethiopie (9e) et la Zambie (10e). Les sommes impliquées sont très élevées, plus de 20 milliards de dollars par an en 2008. Il est difficile d’estimer où va l’argent, certainement vers des centres financiers offshore et aussi vers des banques dans des pays développés, identifiés dans les deux cas comme " juridictions privées" à cause du manque de transparence des données sur les transactions financières.
http://www.unmultimedia.org/radio/french/detail/123841.html

Medicaments
L’Afrique du Sud, tremplin des laboratoires indiens pour l’Afrique
Les trois grands laboratoires indiens, Ranbaxy, Cipla et Dr Reddy’s, se sont taillé la part du lion sur le marché des médicaments en Afrique, grâce à leur forte implantation en Afrique du Sud et à leurs antirétroviraux (ARV) à prix réduits qui ont contribué à freiner les ravages du sida. Les laboratoires indiens ont choisi de nommer des directeurs locaux à la tête de leurs filiales sud-africaines, une exception parmi les multinationales présentes en Afrique du Sud. Cipla est coté en bourse à Johannesburg, contribuant ainsi aux flux financiers vers l’Afrique du Sud. Les génériques, qui offrent les mêmes principes actifs que les médicaments de marque, ont été le moteur de l’industrie pharmaceutique indienne qui a vendu en Afrique 14% de ses exportations en 2009.
http://inde.aujourdhuilemonde.com/lafrique-du-sud-tremplin-des-laboratoires-indiens-pour-le-continent
Prix moins élevés pour les médicaments pour le VIH-Sida dans les pays en voie de développement
De nouvelles réductions de prix pour des traitements antirétroviraux essentiels utilisés pour traiter le VIH-Sida dans le monde en voie de développement ont été annoncées. L’addition de réductions de prix sur les ARV de la ‘génération suivante’ faite depuis 2008 engendrera des économies globales d’au moins 600 millions de dollars au cours des trois prochaines années, ce qui rendra le traitement du VIH plus largement accessible. Une nouvelle recherche, publiée récemment, démontre que le fait de traiter immédiatement les personnes atteintes du sida, non seulement les garde en vie, mais est aussi un outil efficace pour empêcher la transmission. Rendre les ARV plus accessibles peut sauver d’innombrables vies.
http://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/documents/pressrelease/2011/20110315_PR_TRIPS_fr.pdf

Commerce
Les pourparlers de Doha sur le commerce pourraient avoir besoin d’être confrontés à la réalité.
Le cycle de négociations de Doha de l’Organisation Mondiale du Commerce, qui dure depuis dix ans, pourrait avoir besoin d’être remanié ou terminé, dit Ron Kirk, représentant du commerce des Etats-Unis. L’évaluation par Kirk était la déclaration la plus emphatique de l’administration du Président Barack Obama pour signaler que les conversations à long terme sont en train de s’embourber. Des analystes extérieurs comme Susan Schwab, l’ancienne représentante du commerce des Etats-Unis, ont déclaré « condamnées » les négociations.
http://chicken.ca/upload/Documents/Gene%CC%80ve_en_bref_20mai_2011.pdf
L’UE réduit le nombre de pays en voie de développement qui jouissent de préférences commerciales
La Commission Européenne a lancé une proposition pour réformer le système d’accords de commerce connus comme le système généralisé de préférences, par lequel l’UE offre un accès préférentiel au marché de l’UE à des pays en voie de développement, sous forme de tarifs réduits pour leurs biens lorsqu’ils entrent dans le marché de l’UE. Il faut noter cependant que ceci représente une augmentation des tarifs pour des pays ACP, qui bénéficiaient jusqu’à présent d’accès libre de droits de douane au marché de l’UE grâce aux Conventions de Lomé. La révision, dont la mise en œuvre est attendue à partir de 2014, verrait le nombre de pays bénéficiaires de ce schéma se réduire de 176 à environ 80. “Nous souhaitons adapter les règles actuelles au paysage mondial changeant”, a déclaré le Commissaire au Commerce, Karel De Gucht, lors d’une conférence de presse le 10 mai. http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/11/553&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

Diamants : Toujours une affaire entachée de sang
Pour une production annuelle mondiale évaluée, selon certaines des dernières estimations, à plus de 8 milliards et demi de dollars avec des ventes qui vont jusqu’à 58 milliards de dollars, l’industrie du diamant reste bien visiblement en marge des préoccupations politiques mondiales, cependant le problème demeure. Le processus de Kimberley est dans sa 11e année d’opération, des fissures internes y sont visibles, car des documents non enregistrés du Zimbabwe, de la Côte d’Ivoire et du Congo continuent à s’écouler dans le http://www.pambazuka.org/fr/marché ; mondial via des tiers comme le Mozambique.
http://novafrica-developments.net/2011/05/15/

 Changement Climatique
La marché du Carbone, une fausse solution au changement climatique
La cotation en Bourse du marché de Carbone en Afrique (ACX), lancée le 24 mars à Nairobi, est présentée comme le point central des échanges de carbone qui aidera à combler le fossé du développement en Afrique. Des plans existent pour reproduire les échanges dans d’autres blocs régionaux africains. Cependant, les “échanges d’émissions de carbone” en Europe et aux Etats-Unis ont reçu plusieurs coups aux dépens de l’environnement et de l’argent des citoyens. Avant que cela n’arrive en Afrique, les gouvernements et les parlements devraient examiner les défis, les risques pour l’environnement et pour la sécurité alimentaire, ainsi que les ressources nécessaires pour s’adapter au changement climatique. Il y a un danger réel que les compensations en carbone qui permettent aux pays industrialisés de continuer à polluer deviennent une diversion majeure vis-à-vis des défis réels de changement climatique auxquels l’Afrique est affrontée : s’adapter et assurer la résilience des communautés.
http://www.pambazuka.org/en/category/comment/73132 (en anglais)

Souverainete Alimentaire
Pour nourrir le monde, réduisons nos pertes alimentaires
Le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé, selon un rapport préparé par la FAO. Chaque année, les consommateurs des pays riches gaspillent presque autant de nourriture (222 millions de tonnes) que l’entière production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes). Tandis que le gaspillage de nourriture, lui, est plus problématique dans les pays industriels - il est trop souvent le fait des détaillants et consommateurs qui jettent à la poubelle des aliments parfaitement comestibles - les pertes alimentaires, aux stades de la production, de la récolte, de l’après-récolte et de la transformation, sont plus importantes dans les pays en développement. Cela est dû à la fois à des infrastructures défaillantes, à des technologies dépassées et à la faiblesse des investissements dans les systèmes de production alimentaire. 
http://www.fao.org/news/story/fr/item/74192/icode/
Les cibles d’énergie renouvelable de l’UE pourraient encourager l’usurpation de terres dans les pays en voie de développement
Dans la ‘feuille de route de l’énergie renouvelable’ de janvier 2007, l’UE a adopté la cible de 20% de son approvisionnement en énergie par des énergies renouvelables d’ici 2020. Cette décision fait l’objet d’un examen de plus en plus attentif par la société civile, car elle causera de larges usurpations de terres dans les pays en voie de développement. Le nouveau rapport de ‘Action Aid’ : “Contribution aux évictions — coût communautaire de l’essor des biocarburants de l’UE ”, montre comment les cibles renouvelables de l’UE peuvent avoir un impact désastreux dans les pays en voie de développement. Le rapport cite l’exemple des ‘Dakatcha woodlands’ dans la région côtière du Kenya. A cause des plans d’une société italienne de biocarburants pour établir une plantation, 20.000 personnes risquent de perdre leur foyer et d’être expulsées. Les opinions des communautés ne sont pas prises en considération et il n’y a pas de compensation pour le fait qu’on les force à quitter leur foyer. 
http://www.actionaid.org/eu/publications/fuelling-evictions-community-cost-eu-biofuels-boom (anglais)
Video : http://www.actionaid.org/eu/what-we-do/biofuels-dakatcha-woodlands-kenya (anglais)

Armes Legeres
Réseau des survivants de la violence armée
IANSA, le réseau sur les armes légères auquel AEFJN appartient, est en train d’établir un “Réseau de survivants” pour offrir un soutien et un engagement à long terme à ceux qui ont été affectés directement par la violence. Le Réseau des survivants plaidera et fera campagne pour les droits des survivants en relations avec des lois plus fermes sur les fusils, et par le contrôle international continu des armes légères et des processus de désarmement. La première occasion sera le comité préparatoire aux Nations unies, du 11 au 25 juillet, pour renforcer les résultats des négociations sur le Traité du commerce des armes en 2012. IANSA vise à assurer que les survivants de la violence armée aient l’opportunité de s’engager dans le processus du Traité du commerce des armes au comité préparatoire jusqu’à la Conférence de négociation du Traité du commerce des armes en 2012, et au-delà.
http://iansa.org/resource/2011/05/survivors-participation-at-the-att-prepcom-11-15-july-2011